Quand on exerce en libéral, on pense naturellement à son activité, à ses patients, à ses charges… mais beaucoup moins à ce qui se passerait si, pendant quelques semaines ou plusieurs mois, il devenait impossible de travailler.

Une maladie, un accident ou une invalidité peut pourtant avoir des conséquences importantes : les revenus diminuent, tandis que certaines dépenses continuent de tomber chaque mois.


La prévoyance est justement là pour limiter ce risque.

1/ Prévoyance : de quoi parle-t-on exactement ?

On entend souvent parler de mutuelle, de prévoyance ou d’assurance emprunteur. Ces protections n’ont pourtant pas le même objectif.

La mutuelle intervient principalement pour compléter les remboursements de santé de l’Assurance Maladie.

La prévoyance, elle, vise à protéger vos revenus et votre famille lorsque vous êtes confronté à un événement qui vous empêche de travailler : arrêt de travail, invalidité ou décès.

Pour un professionnel libéral, cette protection mérite une attention particulière, car une grande partie des revenus dépend directement de la capacité à exercer son activité.

2/ Et si vous étiez arrêté pendant plusieurs mois ?

C’est une question que l’on préfère souvent ne pas se poser. Pourtant, faites le test :
Si vous ne pouviez plus travailler demain, combien pourriez-vous continuer à payer chaque mois ?

Votre loyer ou crédit immobilier continuerait à être prélevé. Il faudrait toujours payer les factures courantes, les cotisations, éventuellement le loyer du cabinet, les crédits professionnels ou encore les salaires si vous employez quelqu’un.

Pendant ce temps, votre chiffre d’affaires pourrait fortement diminuer, voire disparaître.

Votre régime obligatoire prévoit une protection, mais celle-ci dépend notamment de votre profession, de votre statut et de votre organisme de prévoyance de base ( CARMF, CARPIMKO, CARCDSF, etc…). Les modalités d’indemnisation ne sont donc pas les mêmes pour tous les professionnels libéraux.

C’est pourquoi il est important de connaître précisément ce que votre régime obligatoire prévoit avant de choisir une couverture complémentaire.

3/ La prévoyance complémentaire : à quoi sert-elle ?

Une assurance prévoyance peut venir compléter les prestations versées par votre régime obligatoire.
Selon les contrats, elle peut notamment prévoir :

  • En cas d’arrêt de travail : Le versement d’indemnités journalières pour compenser une partie de la perte de revenus;
  • En cas d’invalidité: Une rente peut être versée lorsque votre capacité à exercer votre activité est durablement réduite;
  • En cas de décès: Un capital ou une rente peut être prévu au bénéfice de vos proches;
  • Pour vos frais professionnels: Certains contrats proposent également une garantie permettant de participer au paiement de certaines charges professionnelles pendant un arrêt.

Attention : toutes les garanties ne sont pas présentes dans tous les contrats. Les conditions d’indemnisation, les délais de franchise, les exclusions et les montants couverts peuvent également être très différents.

4/ Le point à vérifier : combien allez-vous réellement toucher ?

C’est probablement l’une des questions les plus importantes.


Il ne suffit pas de savoir qu’un contrat prévoit « 100 € par jour » ou « 3 000 € par mois ». Il faut comprendre dans quelles conditions cette somme sera réellement versée.


Regardez notamment :

  • le délai de franchise avant le début de l’indemnisation ;
  • la durée maximale d’indemnisation ;
  • le montant réellement garanti ;
  • les conditions d’invalidité ;
  • les exclusions ;
  • les éventuelles limites liées à votre profession ;
  • la prise en charge ou non de vos frais professionnels.

Bon réflexe: Prenez votre contrat actuel et essayez de répondre à cette question :


« Si je suis arrêté demain pendant six mois, combien vais-je réellement percevoir chaque mois et pendant combien de temps ? »

Si vous ne trouvez pas facilement la réponse, cela mérite probablement un petit point avec votre assureur ou votre conseiller.

5/ Ne confondez pas revenus et chiffre d’affaires :

Pour déterminer le niveau de protection dont vous avez besoin, ne raisonnez pas uniquement en fonction de votre chiffre d’affaires.
Ce qui compte surtout, c’est ce qu’il vous faut pour continuer à vivre et à faire fonctionner votre activité.

Prenez quelques minutes pour lister :

Vos dépenses personnelles:

  • logement ;
  • alimentation ;
  • crédits ;
  • transport ;
  • enfants ;
  • assurances ;
  • dépenses courantes.

Vos dépenses professionnelles:

  • loyer du cabinet ;
  • emprunts ;
  • logiciels et abonnements ;
  • assurances ;
  • salaires éventuels ;
  • charges qui continuent malgré l’arrêt.

Vous aurez ainsi une idée beaucoup plus précise du revenu qu’il faudrait maintenir en cas d’arrêt.

6/ Êtes-vous correctement couvert ?

Une prévoyance peut être utile, mais encore faut-il qu’elle corresponde réellement à votre situation.
Votre contrat a peut-être été souscrit il y a plusieurs années. Entre-temps, votre activité a pu évoluer : augmentation des revenus, changement de statut, achat d’un cabinet, embauche d’un salarié, changement de situation familiale…

Il est donc utile de refaire régulièrement le point.
Votre petite check-list:

  • ☐Je connais les prestations prévues par mon régime obligatoire.

  • ☐ Je connais le montant de mes indemnités en cas d’arrêt.

  • ☐ Je connais le délai de franchise de mon contrat.

  • ☐ Je sais combien je percevrais réellement chaque mois.

  • ☐ Je sais ce qui est prévu en cas d’invalidité.

  • ☐ Je connais les garanties prévues pour mes proches en cas de décès.

  • ☐ Je sais si certaines de mes charges professionnelles peuvent être prises en charge.

  • ☐ Mes garanties correspondent toujours à ma situation actuelle.

7/ Les erreurs à éviter:

  • Pensez que le régime obligatoire suffit
  • Souscrire sans se soucier des délais de franchise
  • Choisir en fonction du prix
  • Ne pas actualiser son contrat
  • Oublier l’invalidité

LE SAVIEZ-VOUS?

Mon régime obligatoire me verse déjà des indemnités : pourquoi souscrire une prévoyance ?


Les indemnités versées par votre régime obligatoire constituent une première protection, mais elles ne couvrent pas nécessairement la totalité de vos besoins financiers.
Selon votre profession, la durée de votre arrêt et votre situation, le montant et la durée de l’indemnisation peuvent être limités. Une prévoyance complémentaire peut donc permettre de réduire la perte de revenus.
Bon réflexe : commencez par vérifier ce que votre régime obligatoire prévoit réellement avant de déterminer le niveau de couverture dont vous avez besoin.

Qu’est-ce qu’un délai de franchise ?


C’est la période qui s’écoule entre le début de votre arrêt de travail et le moment où votre assurance commence à vous indemniser.
Par exemple, avec une franchise de 30 jours, l’indemnisation complémentaire ne débutera qu’à partir du 31e jour, selon les conditions du contrat.
À vérifier absolument : un contrat avec une cotisation moins élevée peut parfois prévoir une franchise plus longue.

Est-ce que je suis couvert si mon arrêt de travail est lié à un problème psychologique ?

Cela dépend du contrat souscrit. Certaines garanties prévoient des conditions ou des exclusions particulières concernant les troubles psychiques ou certaines affections.
C’est un point important à vérifier dans les conditions générales de votre contrat, au même titre que les autres exclusions.

Et en cas de burn-out ou d’épuisement professionnel ?

Là encore, les conditions de prise en charge dépendent du contrat et de la situation médicale. Les modalités peuvent notamment concerner les conditions d’indemnisation, les éventuelles franchises ou la nécessité d’une hospitalisation.
Bon réflexe : ne vous contentez pas de regarder le montant des indemnités. Vérifiez précisément dans quelles situations elles peuvent être versées.

Une prévoyance peut-elle couvrir mes frais professionnels ?


Certains contrats proposent une garantie spécifique destinée à prendre en charge tout ou partie des frais professionnels pendant un arrêt de travail.
Cela peut être particulièrement intéressant lorsque l’activité entraîne des charges fixes importantes : local professionnel, salaires, emprunts ou abonnements indispensables à l’exercice de l’activité.
Attention : toutes les prévoyances ne proposent pas cette garantie et les dépenses prises en charge peuvent être limitées.

Je travaille avec mon (ma) conjoint(e): que se passe-t-il si je suis arrêté(e) ?

Tout dépend de votre organisation professionnelle et du statut de votre conjoint dans l’activité.
Si votre activité repose en grande partie sur votre présence, un arrêt peut avoir des conséquences sur l’ensemble du fonctionnement du cabinet.
Il peut donc être utile de réfléchir à l’avance à la continuité de l’activité: remplacement, organisation des dossiers, maintien des charges et protection financière du foyer.

Puis-je déduire ma prévoyance de mes impôts ?


Oui, sous certaines conditions, notamment pour les contrats éligibles au dispositif Madelin. Renseignez-vous auprès de votre expert-comptable pour vérifier votre situation.

COMMENT LES ASSISTANTES SOCIALES DU TRAVAIL PEUVENT-ELLES M’AIDER?

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